Pathologies et solutions aux remontées capillaires de murs anciens

Le charme des maisons anciennes ! Qui n’a pas craqué pour l’authenticité et le caractère de la pierre ou pour la chaleur et la rusticité de la terre ? Pourtant, avec le temps, l’accumulation des travaux, ces habitations peuvent présenter des pathologies liées à des remontées capillaires d’humidité. Quelles peuvent être les sources et causes de ces traces de condensation ? Comment remédier à ces problèmes d’humidité ? Explications…

 

La France est riche d’un patrimoine préservé exceptionnel. On y trouve de nombreux types d’habitations anciennes :

  • des châteaux et manoirs historiques
  • des maisons de maître et hôtels particuliers
  • des maisons à colombages ou mas provençal
  • des fermes, longères et leurs granges
  • des maisons troglodytiques

Ces bâtis anciens ont la particularité d’être souvent en pierres locales (calcaire, schiste, granite, notamment), dans certaines régions en terre (pisé, torchis, briques de terre crue ou bauge) et pour les plus récents en briques de terre cuite. Cependant, au gré du temps, des aménagements, agrandissements, rénovations, ces bâtiments subissent les conséquences de travaux malheureusement pas toujours adaptés aux matériaux en présence.

Et les conséquences peuvent parfois se révéler désastreuses.

Sources et causes des remontées capillaires

Une remontée capillaire, également appelée « ascension capillaire », fait référence au phénomène par lequel un liquide, tel que l’eau, s’élève à travers de petits pores ou capillaires d’un matériau solide contre les forces de la gravité.

Lorsqu’un matériau poreux, comme un sol ou un matériau de construction, entre en contact avec de l’eau, les forces d’adhésion attirent les molécules d’eau vers les parois des capillaires. Les forces de cohésion maintiennent ensuite les molécules d’eau ensemble, formant une colonne d’eau continue à l’intérieur des capillaires.

Ensuite, la hauteur à laquelle l’eau s’élève dans les capillaires dépend de plusieurs facteurs : la taille des capillaires, la tension superficielle de l’eau, l’angle de mouillage entre l’eau et les parois des capillaires, ainsi que les interactions entre l’eau et le matériau.

Les pathologies liées cette humidité

Les problèmes d’humidité sur un bâtiment ancien peuvent se manifester de différentes manières.

Des tâches et auréoles d’humidité peuvent apparaître sur les murs, les plafonds et les sols. Elles sont souvent de couleur foncée et peuvent s’étendre progressivement si le problème n’est pas résolu.

L’humidité excessive favorise la croissance des moisissures et des champignons (comme le mérule). Vous pouvez observer des taches de moisissure noires, vertes ou blanchâtres sur les surfaces, accompagnées d’une odeur de moisi.

L’humidité prolongée peut endommager les matériaux de construction et décoration, notamment lors des périodes de gel. Par exemple, les plâtres peuvent se dégrader, les peintures peuvent s’écailler, les papiers peints peuvent se décoller et les bois peuvent pourrir ou se déformer.

Une efflorescence peut apparaître à la surface des matériaux poreux. C’est un dépôt de sels minéraux lorsque l’eau s’évapore, qu’on retrouve sur les murs en briques ou en pierre. Ces dépôts peuvent donner un aspect blanchâtre ou poudreux, plus communément appelé salpêtre.

Une condensation peut aussi se produire lorsque l’air chaud et humide entre en contact avec des surfaces froides, par les fenêtres ou sur des murs mal isolés. Cela peut entraîner la formation de gouttelettes d’eau, de moisissures et de dégâts sur les matériaux.

L’eau peut aussi accélérer la corrosion des métaux présents dans le bâtiment, comme les conduites de plomberie, les éléments de charpente métallique ou les armatures de béton.

Si l’humidité s’infiltre dans le bois, elle va le faire pourrir et affaiblir la structure du bâtiment, compromettant ainsi sa stabilité.

Enfin, en s’infiltrant dans les installations électriques du bâtiment, l’eau peut provoquer des courts-circuits, des pannes et des incendies.

Il est important de prendre ces signes au sérieux, car l’humidité excessive peut causer des dommages structuraux, affecter la qualité de l’air intérieur et favoriser la prolifération d’allergènes et de moisissures. Si vous observez ces problèmes sur un bâtiment ancien, il est recommandé de faire appel à des professionnels qualifiés pour évaluer la situation, identifier la cause sous-jacente et proposer des solutions appropriées.

Les origines de ces remontées capillaires

Dans le contexte du bâti ancien, les remontées capillaires peuvent se produire lorsque l’eau du sol est absorbée par les fondations ou les murs en raison de la porosité du matériau de construction. L’eau s’élève ensuite à travers les capillaires du matériau, provoquant des problèmes d’humidité à l’intérieur des bâtiments.

Le phénomène de remontées capillaires - Source Rebat Bio

Ces remontées capillaires dans un bâtiment en pierre, terre ou brique peuvent provenir de différentes sources.

1. Nappe phréatique : si le bâtiment est construit sur un sol où la nappe phréatique est proche de la surface, l’eau peut s’infiltrer à travers les fondations et remonter par capillarité.

De manière générale, les sols remontent par capillarité l’humidité qu’il a chargé par les phénomènes naturels au fil des jours. C’est typiquement ce qu’on retrouve dans nos jardins avec la rosée du matin.

2. Sol hygroscopique : certains types de sols, tels que l’argile, fonctionnent comme des éponges et absorbent l’humidité (de l’air, des pluies) entraînant des remontées capillaires à travers les murs. Ce phénomène est amplifié par les sécheresses. Lorsqu’il pleut le sol absorbe mal l’excédent d’eau, qui se retrouve aux pieds des murs et dans les sous-sols.

3. Absence ou défaillance de barrière étanche : sur les bâtiments anciens, il est possible que les matériaux de construction n’aient pas été munis d’une barrière étanche soit en fondation sous les murs ou en soubassement extérieur (50 à 80 cm en surface) pour empêcher les infiltrations d’eau et créer ainsi un point de rupture.

4. Dégradation de l’enduit d’étanchéité : les enduits d’étanchéité des murs peuvent s’user ou se dégrader avec le temps, permettant ainsi à l’eau de s’infiltrer. Ces enduits (au ciment notamment) sont souvent trop perméables à l’humidité, empêchent les murs de l’évacuer et génèrent une infiltration d’eau, tout en remontant par capillarité entre la paroi et l’enduit.

5. Absence ou mauvaise étanchéité des fondations : si les fondations du bâtiment ne sont pas suffisamment filtrantes ou perméables, le matériau peut se dégrader, l’eau peut s’infiltrer à travers les fondations et entraîner des remontées capillaires.

Il est important de comprendre les sources spécifiques de ces remontées capillaires dans un bâtiment donné afin de pouvoir prendre les mesures appropriées pour les traiter. Dans certains cas, une combinaison de différentes sources peut contribuer aux problèmes d’humidité par capillarité.

Il est donc préférable de faire appel à des experts du bâtiment, tels que des professionnels spécialisés en pathologie du bâtiment et idéalement titulaires de la Mention Qualibat 1542, pour effectuer une analyse approfondie et proposer des solutions adaptées.

Remèdes à ces remontées capillaires

Quelque soit la technique choisie pour traiter ces problèmes de remontées capillaires, il est important de bien diagnostiquer leur origine, notamment avant la pose de tout isolant et de tout revêtement comme les plaques de finition, enduits (pour ravalement ou correction thermique), peintures naturelles ou écologiques, etc…

Diminuer les remontées d’eau du sol

Si votre bâti ancien est posé à même le sol, sur un sol battu ou une fine semelle de ciment, par exemple, c’est l’occasion de traiter ces remontées naturelles d’humidité.

2 solutions saines et écologiques pour traiter ces remontées capillaires du sol :

A – Réaliser un hérisson ventilé

La technique du « hérisson » est une méthode utilisée pour la réalisation de fondations étanches dans les maisons anciennes. Elle consiste à créer une couche de graviers ou de pierres concassées sur laquelle la dalle de la maison sera construite.

Voici comment la technique du hérisson est généralement mise en œuvre :

  1. Préparation du terrain : le sol est tout d’abord décaissé sur une hauteur de 40 à 70 cm (selon les cas) puis nivelé et compacté pour assurer une base solide.
  1. Pose d’une membrane géotextile : une membrane géotextile est souvent utilisée pour empêcher la migration des fines particules de sol dans le hérisson.
  2. Pose d’un drain ventilé : pour évacuer la vapeur d’eau résiduelle vers les extérieurs des murs
  3. Mise en place du hérisson : une couche de graviers ou de pierres concassées est répandue sur toute la surface de la fondation. Cette couche doit avoir une épaisseur suffisante pour assurer le drainage et la stabilité. Généralement, une épaisseur de 15 à 30 centimètres est recommandée, mais cela peut varier en fonction des spécifications de construction locales.
  4. Mise en place des pierre et compactage : 2 couches de pierre (grosses, puis petites) sont posées pour former le hérisson puis compacté pour garantir une surface stable et uniforme.
  5. Construction de la chappe isolante : sur le hérisson compacté, autour des fondations de la maison, il est possible de réaliser une dalle isolante  en béton de chaux, chaux-chanvre, chaux liège ou terre.

Hérisson ventilé - Source Rebat Bio

La technique du hérisson présente plusieurs avantages. Elle permet d’améliorer le drainage autour de la fondation, ce qui contribue à prévenir les problèmes d’humidité et de stagnation d’eau. De plus, elle aide à répartir uniformément les charges sur le sol, réduisant ainsi les risques de tassement différentiel.

Il est important de noter que les pratiques de construction peuvent varier en fonction des régions. Il est donc recommandé de consulter un professionnel de la construction ou un ingénieur pour obtenir des conseils spécifiques à votre projet.

Cette technique a cependant l’inconvénient d’être longue et fastidieuse. La technique suivante, tout autant écologique, peut se révéler plus rapide et économique.

Plus d’infos dans la vidéo Rebat Bio dédiée au hérisson ventilé.

B. Réaliser un remblai isolant en verre cellulaire

L’autre technique, très usitée en éco-construction, est le remblai isolant en verre cellulaire.

Ce matériau présente des qualités hygroscopiques et permet d’isoler thermiquement le sol  d’un bâtiment. Le verre cellulaire est un matériau fabriqué à partir de verre recyclé.

Voici comment la technique du remblai isolant en verre cellulaire (Misapor) est généralement mise en œuvre en rénovation d’un bâti ancien :

  1. Préparation du terrain : Le sol est préparé, en décaissement sur une hauteur de 30 à 50 cm (selon projet) en nivelant et en compactant la surface.
  2. Pose d’une membrane géotextile : une membrane géotextile avec un grammage de 170g/m² ou équivalentest souvent utilisée pour empêcher la migration des fines particules de sol dans le hérisson.
  1. Installation d’une barrière étanche : un isolant (panneau de verre cellulaire ou panneaux de liège, 4 cm suffisent) est placé tout autour des fondations, créant une barrière isolante continue et laissant perspirer les murs.
  2. Remblaiement : cela implique de remplir de façon uniforme l’espace entre les parois de la fondation avec le granulat de verre cellulaire. Une mesure du niveau est effectuée à cette étape.
  3. Compactage du sol : le verre cellulaire est compacté avec un rouleau compacteur ou le plus souvent avec une dameuse vibrante (80 à 110kg en 100 hertz) , en respectant un ratio de compactage de 1,3:1. Un contrôle du niveau est effectué régulièrement et sur toute la surface pour obtenir une surface homogène.
  4. Pose d’une feuille PE ou d’un géotextile avant la réalisation de la dalle isolante de type béton de chaux chanvre, chaux liège ou en béton de terre, puis d’une chape de compression à la chaux.. Il peut ensuite être associé à différentes finitions pierre ou tomettes.

 

Remblai Misapor

(voir le témoignage d’une rénovation de grange avec remblai Misapor)

Les avantages de la technique du remblai isolant en verre cellulaire sont principalement liés à l’isolation thermique. Le verre cellulaire a une faible conductivité thermique, ce qui réduit les pertes de chaleur à travers les fondations et diminue les ponts thermiques.

Par ailleurs, le verre cellulaire offre une couche drainante et anti capillarité. Il est aussi connu pour sa durabilité et sa résistance à la compression. Enfin, autres atouts importants, il est incombustible et résistant aux insectes et aux rongeurs.

Il est important de noter que la mise en œuvre exacte de la technique du remblai isolant en verre cellulaire peut varier en fonction des spécifications du projet, des réglementations locales et des pratiques de construction. Il est recommandé de consulter des professionnels du bâtiment ou des ingénieurs pour obtenir des conseils spécifiques à votre situation.

Diminuer les quantités d’eau dans les parois

Quelque soit l’origine des remontées capillaires, il est important de rendre les parois les plus perspirantes possibles, c’est à dire, les laisser gérer les transferts d’humidité et de vapeur de façon la plus naturelle possible, avec des matériaux, extérieurs, comme intérieur, hygroscopiques, qui les laissent migrer.

1 – Décrouter tous les enduits au ciment

Ces enduits empêchent le séchage et favorisent l’accumulation d’eau soit entre la paroi et l’enduit ou la pousse plus haut dans le mur, par capillarité. L’idéal est de retirer ces enduits au ciment sur les deux faces.

Si l’enduit est mince et se détache facilement, vous pouvez essayer de le gratter à l’aide d’une spatule ou d’un grattoir à main.

Si l’enduit est plus épais et résistant, vous pouvez essayer d’utiliser un marteau et un burin tout en restant prudent pour ne pas endommager la pierre.

Si l’enduit est fortement adhérant et résistant, vous pouvez envisager d’utiliser une ponceuse à basse vitesse avec un disque de ponçage adapté aux surfaces dures, en veillant à ne pas trop insister sur une seule zone.

2- Nettoyer le mur et laisser sécher

Supprimer délicatement toutes les traces d’efflorescence, en vous protégeant (lunettes, masques, gants). Appliquez une solution de nettoyage (à base de savon ou liquide vaisselle) sur les traces d’efflorescence à l’aide d’une brosse ou d’une éponge. Frottez doucement la surface, en insistant sur les zones les plus affectées. Laissez la solution agir pendant quelques minutes.

Rincez abondamment la surface à l’eau claire pour éliminer le résidu de la solution de nettoyage. Veillez à éliminer tous les résidus de nettoyage.

Laissez le mur sécher complètement. Assurez-vous qu’il y ait une bonne circulation d’air pour accélérer le processus de séchage.

3- Utiliser des matériaux compatibles avec les murs anciens

Si vous isolez sur une face (intérieure notamment), pensez à utiliser des matériaux compatibles, de type enduits à correction thermique, pour laisser les murs perspirer.

Il est important que les migrations internes (par capillarité) et transversales de la vapeur d’eau puissent se faire naturellement via les matériaux. Le mur aura vocation à restituer l’humidité quand il fait trop sec, et le capter quand les pièces ont un taux trop élevé d’humidité : c’est le principe de régulation hydrique. Cela participe du confort thermique de l’habitat.

Quels sont les matériaux compatibles avec des murs en pierre ou terre ?

Il existe 2 écoles pour protéger ces murs en pierre ou terre de l’humidité :

  • réaliser une couche d’enduit sacrificiel avec un mortier de chaux. Il assainira le mur en se chargeant en sels minéraux. Il faudra ensuite le retirer au bout de quelques années pour appliquer un enduit définitif
  • appliquer une couche d’enduit d’assainissement ou plinthe assainissante, via une sous couche de mortier dit d’assainissement, pour retenir les sels minéraux tout en laissant migrer l’humidité.  Une couche de finition à base de chaux est réalisée par dessus. Ce type de solution aura une durée de 15 à 20 ans.

Plus d’infos sur les enduits correcteurs thermiques ici ou dans cette vidéo de Rebat Bio

Si vous avez l’assurance que vos murs sont sains et sans risque d’humidité, vous pouvez aussi appliquer un complexe d’isolation biosourcé comprenant :

4- Ventiler avec un système mécanique

Malgré l’application de ces types différents d’enduit, renouveler l’air intérieur doit rester une priorité pour plusieurs raisons :

  • Pour éliminer les polluants et odeurs;
  • Pour préserver la santé;
  • Pour réguler l’humidité notamment dans les pièces d’eau;
  • Pour renouveler l’air intérieur régulièrement.

Plus de détails sur les différentes solutions de ventilation ici.

L’électronique pour les remontées capillaires complexes

Quand les travaux ci-dessus sont compliqués à mettre en place, il existe une solution permettant d’assainir les murs de façon simple et de façon durable. C’est le principe du contre-champ électronique.

A l’aide d’une antenne, le champ électromagnétique est capté par un boîtier électronique qui réémet le même signal de façon décalé. Il agit ainsi comme un « miroir » électronique pour renvoyer ce contre-champ. Auto-alimenté, le boîtier ne nécessite aucune intervention une fois installé. Cela supprime définitivement et naturellement l’origine des remontées capillaires. Ces solutions sont garanties 10 ans, avec une durée de vie de l’ordre de 40 ans.

Le fait d’assécher ces parois va toutefois « priver » les sels hygroscopiques de l’humidité présente dans les matériaux. Ces sels vont naturellement migrer vers la surface des parois pour entrer en contact avec l’humidité de l’air, laissant apparaître des traces de poudre blanche. Il faudra alors traiter ces traces.

Solution Mur Tronic pour asséchement des murs

Au final, d’après différents retours d’expérience, cette technologie semble assez fiable. Par contre, faites le bon choix du prestataire de cette solution car plusieurs entreprises commercialisent le concept, mais une seule possède le brevet et sa maîtrise, le tout fabriqué en France !

D’autres solutions sont proposées sur le marché pour assainir les murs anciens. Généralement, ce sont plutôt des médicaments qui traitent les symptômes, mais pas la source de la maladie. En outre, ces traitements sont le plus souvent à base de produits chimiques, qui vont faire barrière aux remontées capillaires mais peuvent générer d’autres conséquences, comme des assèchements des murs générant des glissements et sa détérioration. Les émanations de ces produits peuvent aussi être malsaines pour l’environnement et la santé des occupants.

Pour le traitement des problèmes de remontées capillaires, rien ne vaut l’expertise des professionnels du bâti ancien. Ils sont formés spécifiquement sur ce type de construction, grâce au savoir-faire et à l’expérience acquis sur plusieurs générations.

Pour le choix de vos matériaux, n’hésitez pas à faire appel aux membres du réseau Nature & Développement.

 

Crédits Images: Rebat Bio, Misapor, Mur Tronic, Michael Schaffler de Unsplash, Michael Gaida, Pasja 1000, Christel SAGNIEZ de Pixabay

2 Comments

  1. JB Montat

    Très intéressant article bravo. J’aurais 2 remarques cependant sur 2 points techniques, pour échanger avec ceux qui ont une expérience là dedans. La première concerne le film PE dont vous parlez au-dessus d’une dalle sur hérisson ventilé. Le souci d’une barrière étanche comme ce film est que le reste de l’humidité du sol qui pourrait remonter, malgré le hérisson, va être bloqué par le film et va repartir latéralement dans les murs pour grimper à nouveau dedans (pb réduit s’il n’y a pas de trottoir ou de dalle étanche dehors). La seconde remarque concerne le système électronique. Le fait de bloquer complètement les remontées capillaires peut ne pas être judicieux pour certains murs qui ont besoin d’une certaine quantité d’eau pour être en bonne santé (pisé par exemple). S’il reste des transferts d’humidité latéraux cela suffira peut-être mais j’ai un doute.
    Merci pour vos avis sur ces 2 points.

    Reply
    • Nat Uro

      Merci Jean-Baptiste pour ces questions pertinentes.

      > Sur le hérisson ventilé :

      Plusieurs facteurs sont à prendre en compte pour la prise de décision :
      – quel est le complexe de mur ?
      – quel type de dalle prévu ?
      – quel revêtement de sol prévu ?

      Sur un hérisson ventilé, comme nous l’indiquons dans l’article, il est préférable d’ajouter une membrane géotextile sous le hérisson pour empêcher la migration de particules.

      Entre la hérisson et la dalle, il n’est pas utile d’ajouter un film PE. Par contre, en fonction du type de revêtement que vous poserez, et notamment de leur perspirance ou de leur sensibilité à l’humidité (bois), un film PE peut être recommandé (notamment pour la pose d’un parquet bois, d’un sol bois ou d’un stratifié) sur la dalle, s’il est est perspirante (chaux-chanvre, terre-chanvre).

      La membrane PE est conseillée sur un remblai avec Misapor pour ces types de revêtements non perspirants.

      Sur les remontées capillaires de murs anciens, notamment en pisé
      Il est conseillé de couper les ponts thermiques entre les pieds de murs extérieurs et le hérisson ou le remblai Misapor, via un rupteur thermique de type dalle de liège.

      Concernant la technologie Murtronic, elle ne permet pas de réguler les taux d’humidité dans le mur mais de stopper les remontées par capillarité excessives d’humidité. Il est donc important de faire appel à un professionnel qui fera une visite in situ pour évaluer de l’intérêt du système. Après son analyse du complexe de mur, il vous proposera la solution adéquate.

      Toutefois, les traces de moisissures ou salpêtres sur des murs en pisés sont souvent liés aux revêtements, enduits ou isolants appliqués sur les murs (intérieurs comme extérieurs). En effet, ces murs doivent pouvoir réguler l’humidité (vers l’extérieur et l’intérieur) sans être gênés par un quelconque rupteur hydrique (enduit ciment, isolant pétrochimique ou laine minérale).
      A vérifier donc avant toute intervention.

      Reply

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